L'efficacité énergétique : profil et plan d'actions Français

L’efficacité énergétique signifie simplement utiliser moins d’énergie pour effectuer la même tâche. Cette dernière apporte une variété d’avantages :

    • réduire les émissions de gaz à effet de serre,
    • réduire la demande d’importations d’énergie et
    • réduire nos coûts au niveau des ménages et de l’économie.
courtier-energie

Définition de l'efficacité énergétique

Si les technologies des énergies renouvelables contribuent également à atteindre ces objectifs, l’amélioration de l’efficacité énergétique est le moyen le moins cher et souvent le plus immédiat de réduire l’utilisation des combustibles fossiles.

Il existe d’énormes possibilités d’amélioration de l’efficacité dans tous les secteurs de l’économie, qu’il s’agisse des bâtiments, des transports, de l’industrie ou de la production d’énergie.

En 2019, la consommation finale d’énergie en France était de 141,7 Mtep.

 Le transport, premier secteur consommateur, a conservé une part stable de près de 31 % dans la consommation finale totale d’énergie, de 2000 à 2019.

Sur la même période, le secteur résidentiel est passé de 28 % à 29 %, les services sont passés de 13,4 % à 16 %. , tandis que l’industrie a diminué sa part de plus de 4 points de pourcentage, passant de 24,6 % à 20,4 %. 

La consommation finale d’énergie en 2019 était légèrement inférieure à son niveau de 2000 (-5 %) alors que l’activité a augmenté, ce qui peut s’expliquer par les progrès technologiques et l’efficacité énergétique.

Consommation finale d'énergie par secteur (climat normal)

Consommation finale en Mtoe 2000 2019
Agriculture 4.25 4.33
Service non spécifié 20 22.7
Industrie 36.8 28.9
Résidentiel 41.5 41.5
Transport 42.9 44.2
Source: ODYSSEE

L'évolution de l'efficacité énergétique

L’efficacité énergétique des consommateurs finaux, mesurée par l’ODEX (indicateur qui mesure les progrès de l’efficacité énergétique par secteur principal et pour l’ensemble des consommateurs finaux), s’est améliorée en moyenne de 1,2 %/an de 2000 à 2019.

Dans le secteur résidentiel, malgré la crise économique, les progrès sont constants et les gains plus importants que dans les autres secteurs (2%/an).

Cette tendance s’explique par la mise en place de nombreuses politiques affectant les bâtiments et les appareils.

Dans le secteur du transport , le rythme d’amélioration de l’efficacité énergétique est stable (0,9 % et 0,7 % par an respectivement depuis 2000).

Dans l’industrie, l’amélioration atteint 0,9%/an. Depuis 2016, on constate un ralentissement des gains au niveau mondial et notamment pour l’industrie et les services.

Les plans d'actions Français pour l'efficacité énergétique

La France a adopté son troisième Plan d’action national pour l’efficacité énergétique (PNEE) qui fixe un objectif de consommation finale de 131,4 Mtep en 2020.

Les mesures d’économie d’énergie devraient permettre d’économiser 20,5 Mtep en 2020.

La loi de transition énergétique de 2015 a introduit une disposition visant à avoir une consommation énergétique finale entre 2012 et 2050.

Dans le cadre de la loi transitoire, la rénovation des bâtiments sera obligatoire d’ici 2025 pour les logements les moins performants.

  • Les institutions gouvernementales devront renouveler la moitié de leur parc automobile avec des voitures à faibles émissions ;
  • Les grandes entreprises (plus de 100 salariés) devront mettre en place des plans de mobilité.
  • La loi sur l’énergie de 2005 a mis en place des obligations d’économies d’énergie pour les entreprises, avec la possibilité d’échanger des certificats d’économies d’énergie.
  • L’objectif d’économie d’énergie est de 2133 TWhc (« c » pour cumulé : économies cumulées actualisées à vie). 

Effinergie : la référence française des bâtiments basse consommation

L’association Effinergie a été créée en mai 2006 pour promouvoir les bâtiments basse consommation en France. 

L’initiative a été prise par les collectivités territoriales*, et notamment les régions Alsace, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes. 

Les objectifs sont de combiner et d’optimiser la mise en œuvre des approches régionales, et de fédérer les professionnels de la construction et les collectivités locales.

effinergie-logo

Immeubles

En 2019, le chauffage des locaux représentait 65 % de la consommation du secteur, les appareils électriques 19 %, le chauffage de l’eau 10 % et la cuisine 5 %.

Alors que la consommation des appareils électriques a enregistré une augmentation de 5,5 Mtep à 7,7 Mtep depuis 2000 (+1,8 %/an), ce qui s’explique par le nombre croissant d’appareils connectés, la part de la consommation de chauffage des locaux a baissé de 8 points de pourcentage sur la période, grâce à particulier aux politiques d’efficacité énergétique dans les bâtiments existants.

Par ailleurs, les consommations énergétiques de la cuisine et du chauffage de l’eau ont également diminué respectivement de -0,9%/an et -0,2%/an. Depuis 2013, on constate un ralentissement des progrès en matière d’efficacité énergétique pour le chauffage des locaux, dont la consommation s’élève à environ 10,5 koe/m².

effecacite-energetique-batiment

Consommation d'énergie par logement par utilisation finale (à l'exception du chauffage des locaux)

Consommation finale en Mtoe 2000 2019
Appareil et électricité et éclairage 0.227 0.264
Chauffage a eau 0.18 0.104
Cuisson 0.113 0.0036
Climatisation 0 0.0708
Source: ODYSSEE

La consommation énergétique finale des bâtiments résidentiels était inférieure de 0,6 Mtep en 2019 à celle de 2000.

Deux facteurs principaux ont contribué à l’augmentation de la consommation énergétique sur la période :

  • Plus de logements (de 8,1 Mtep).
  • Plus d’appareils par logement » et 0,6 Mtep pour les « logements plus grands »).

En revanche, les économies d’énergie (16,5 Mtep) ont plus que compensé l’effet des moteurs de croissance de la consommation et expliquent la légère baisse observée de la consommation énergétique du secteur du bâtiment.

INDUSTRIE

La consommation finale d’énergie de l’industrie a fortement diminué entre 2000 et 2019, de 1,3 %/an en moyenne, pour s’établir à 28,9 Mtep. 

Environ 60 % de la consommation reste concentrée dans 5 branches énergivores, dont 23 % dans la chimie, 15 % dans la sidérurgie, 13 % dans les minéraux non métalliques, 7 % dans le papier et 4 % dans les industries des métaux non ferreux. 

L’industrie chimique a connu la plus forte augmentation de sa part de 17 % à 23 % sur la période, ce qui s’explique par le développement de l’industrie pétrochimique et l’intensification de l’utilisation des plastiques.

Consommation d'énergie finale de l'industrie par branche

Consommation énergétique finale de l’industrie par branche 2000 2019
Autres succursales 15.2 0.264
Produits chimiques 6.14 6.52
Acier 6.66 4.48
Pate a papier 3.57 2.05
Source: ODYSSEE
Parmi les 5 branches énergivores, les consommations unitaires de ciment et de papier ont diminué de 1,2 %/an. La sidérurgie, quant à elle, a connu des fluctuations à la hausse, revenant en 2019 à un niveau proche de celui de 2000.
effecacite-energetique-industrie

La progression de l'efficacité énergétique dans le secteur d'industrie

Depuis 2000, la plupart des facteurs ont contribué à une baisse de la consommation d’énergie industrielle (-7,9 Mtep), dont la baisse de l’activité (-2,3 Mtep), des évolutions structurelles vers des branches moins énergivores (-1,3 Mtep) et, principalement, des économies d’énergie (-6,1 Mtep). 

Depuis la crise économique de 2008, les économies d’énergie ont eu un impact beaucoup plus faible en raison d’un taux de renouvellement des équipements plus faible et d’un fonctionnement inefficace.

La politique française en matière d'efficacité énergétique dans le secteur industriel

La  politique française en matière d’efficacité énergétique s’articule autour de cinq points :

  1. Les instruments de marché (notamment le système communautaire d’échange de quotas d’émission).
  2. Mesures d’incitation financière.
  3. Des mesures réglementaires, notamment dans le cadre de la transposition de la directive sur l’efficacité énergétique.
  4. L’accompagnement de ces procédures de normalisation et de qualification.
  5. Soutien au développement de technologies plus économes en énergie, en particulier pour le développement de futurs systèmes d’investissement.

La confusion entre l'efficacité énergétique et la conservation de l'énergie

La majorité confondent entre l’efficacité énergétique et la conservation de l’énergie.

Par exemple, lorsqu’une personne suit les conseils d’un panneau indiquant « Soyez économe en énergie, utilisez les escaliers au lieu de l’ascenseur », augmente-t-elle l’efficacité énergétique ? 

Non. L’ascenseur fonctionnera moins souvent, mais il utilisera toujours la même quantité d’électricité lorsqu’il fonctionnera. 

Utiliser les escaliers au lieu d’un ascenseur est une économie d’énergie. 

Deux personnes ou plus utilisant l’ascenseur en même temps sont plus efficaces qu’une seule personne l’utilisant.

  • L’efficacité énergétique utilise une technologie qui nécessite moins d’énergie pour exécuter la même fonction. L’utilisation d’une ampoule à diode électroluminescente ou d’une ampoule fluorescente compacte qui nécessite moins d’énergie qu’une ampoule à incandescence pour produire la même quantité de lumière est un exemple d’efficacité énergétique.
  • La conservation de l’énergie est tout comportement qui se traduit par une consommation d’énergie moindre. Éteindre les lumières en quittant la pièce et recycler les canettes en aluminium sont deux façons d’économiser l’énergie.

TRANSPORT

A l’inverse, le trafic de marchandises (mesuré en tonnes-kilomètres) a augmenté de 0,3%/an de 2000 à 2019, avec une baisse significative du trafic ferroviaire de marchandises (-3%/an), ce qui a conduit à une part plus élevée de route dans le trafic total (88% en 2019), soit une tendance qui va à l’encontre des attentes des décideurs politiques.

La consommation énergétique des transports est inférieure de 1,7 Mtep en 2019 à celle de 2000.

Cette évolution s’explique par le fait que les économies d’énergie (environ 5,1 Mtep) et l’effet du report modal  ont contrebalancé l’effet de la croissance du trafic de voyageurs.

En 2010, l’Engagement national pour l’environnement a promulgué le développement accéléré des modes de transport non routiers et non aériens.

Des objectifs ambitieux ont été fixés par cette loi :

    • Réduire d’ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports au niveau enregistré en 1990.
    • Porter la part des modes non routiers et non aériens à 25 % d’ici 2022 (de 14 % en 2006).

Les politiques mises en œuvre pour atteindre cet objectif reposent principalement sur deux points :

  • Soutenir les moyens de transport à faibles émissions
  • Amélioration de l’efficacité des moyens de transport utilisés.

Sans surprises, les voitures représentaient 58% de la consommation du secteur et le transport routier de marchandises 33% en 2019.

Le reste se répartissait entre le rail (3%), les bus (2%), le transport aérien intérieur (2%), ainsi que les motos (1%), et  les voies navigables intérieures (1 %).

Le trafic de passagers est en légère augmentation depuis 2000 (de 0,5%/an). 

L’augmentation des trafics a été plus élevée dans les transports publics (+1,7 %/an pour le rail et +0,4 %/an pour les bus) que pour les voitures (+0,3 %/an).

Cela reflète un transfert modal vers les transports publics.

Consommation finale des transports par type de véhicule20002019
Voitures57.157.7
Camions véhicules légers33.532.5
Arien domestique2.72.2
Bus1.72.2
Motocyclette0.91.4

Source: ODYSSEE

Entrer en contact

04.37.62.50.41

Lundi || Samedi 9:00 – 17:00

129 Rue Servient, 69003 Lyon

contact@you-energie.com