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Depuis le 1er août 2025, toutes les lignes d'une facture d'électricité supportent le même taux de TVA : 20 %. Le taux réduit de 5,5 % qui s'appliquait à l'abonnement a été supprimé, et la facture est devenue fiscalement homogène.

Cette page donne le taux applicable, l'assiette exacte sur laquelle il se calcule, et surtout la seule question qui compte pour une entreprise : qui supporte réellement cette taxe une fois la déduction prise en compte. Pour beaucoup de lecteurs, la réponse est « personne » — et le vrai sujet est ailleurs sur la facture.

Le taux

Un seul taux depuis le 1er août 2025

L'article 20 de la loi de finances pour 2025 a supprimé le taux réduit de 5,5 % dont bénéficiait la part « abonnement » des livraisons d'électricité et de gaz. Depuis, l'abonnement suit le sort de la consommation : taux normal de 20 %, quelle que soit la puissance souscrite et quel que soit le fournisseur.

La date d'entrée en vigueur mérite une précision que beaucoup de comptables ont découverte à leurs dépens. Le taux normal s'applique aux abonnements relatifs à des périodes débutant à compter du 1er août 2025. Le critère est la période couverte par l'abonnement, et non la date de facturation ni celle du paiement : une facture émise en septembre pour une période de juillet restait au taux réduit sur sa part abonnement.

La justification de la réforme n'est pas budgétaire mais juridique. Le droit de l'Union interdit d'appliquer des taux différents à des éléments indissociables d'une même livraison — or on ne consomme pas d'électricité sans être abonné. La France appliquait deux taux à ce qui constitue, fiscalement, une seule et même opération.

Ligne par ligne

Ce que la réforme a changé sur votre facture

Le montant hors taxes n'a pas bougé d'un centime : seule la TVA appliquée à certaines lignes a changé de taux.

Critère comparéJusqu'au 31 juillet 2025Depuis le 1er août 2025
Abonnement5,5 %20 %. C'est le cœur de la réforme, et la seule ligne dont le taux a réellement changé.
Consommation20 %20 %. Inchangé : cette part était déjà au taux normal.
Contribution tarifaire d'acheminementTaux réduit, comme la part abonnement à laquelle elle est adossée.20 %, par alignement sur le nouveau régime de l'abonnement.
Accise sur l'électricité20 %20 %. La TVA se calcule sur un montant qui comprend déjà cette taxe.

L'assiette

La TVA se calcule aussi sur les autres taxes

Un point que la lecture d'une facture rend rarement évident : la TVA ne s'applique pas seulement au prix de l'énergie et à l'abonnement. Son assiette comprend l'ensemble du montant hors taxes facturé, acheminement compris, ainsi que les taxes et contributions qui figurent au-dessus d'elle — l'accise sur l'électricité et la contribution tarifaire d'acheminement.

Autrement dit, vous payez de la TVA sur des taxes. Ce n'est pas une anomalie française mais le fonctionnement normal d'une taxe sur la valeur ajoutée, qui frappe le prix final payé par le consommateur, taxes spécifiques incluses. L'ordre de calcul est toujours le même : on additionne l'énergie, l'abonnement, l'acheminement, l'accise et la CTA, puis on applique 20 % au total.

Cette mécanique explique un effet secondaire utile à connaître : lorsqu'une taxe amont baisse — comme l'accise, ramenée à 30,62 euros par mégawattheure au 1er août 2026 pour les compteurs de 36 kVA ou moins — l'économie est légèrement supérieure au montant de la baisse elle-même, puisque la TVA qui s'appliquait dessus disparaît aussi.

Le point qui change tout

Si vous récupérez la TVA, cette hausse ne vous coûte rien

La TVA sur l'électricité obéit au régime de droit commun : lorsque l'énergie est consommée pour les besoins d'une activité ouvrant droit à déduction, la TVA facturée par le fournisseur est déductible en totalité. Elle transite par la déclaration, elle ne reste pas dans le compte de résultat.

Pour la grande majorité des entreprises, le passage de 5,5 % à 20 % sur l'abonnement n'a donc eu aucun effet sur le coût réel de l'énergie. La charge d'électricité s'apprécie hors taxes, et le montant hors taxes n'a pas bougé du fait de cette réforme. Les articles qui ont annoncé une hausse de facture pour tout le monde n'ont, sur ce point, pas fait la distinction.

Il reste un effet réel, mais de trésorerie : entre le moment où la TVA est payée au fournisseur et celui où elle est récupérée, l'entreprise fait l'avance. Pour un site consommant plusieurs centaines de mégawattheures par an, cette avance se compte en milliers d'euros immobilisés en permanence. C'est un sujet de gestion, pas de rentabilité.

Attention enfin aux situations de déduction partielle. Une entreprise qui exerce à la fois des activités taxées et des activités exonérées ne déduit qu'au prorata, et l'électricité d'un local à usage mixte suit cette règle. Dans ce cas, une fraction de la hausse est bien un coût définitif.

Les vrais perdants

Ceux pour qui la TVA est un coût sec

Pour ces structures, la TVA facturée sur l'électricité n'est jamais récupérée : elle s'ajoute intégralement au coût de fonctionnement. Ce sont elles que la réforme du 1er août 2025 a réellement touchées.

Les professions de santé

Les actes médicaux et paramédicaux sont exonérés de TVA sans droit à déduction. Un cabinet, un centre de radiologie ou un laboratoire supporte donc la TVA sur son électricité comme un particulier.

L'enseignement et une partie de la formation

Les établissements d'enseignement et les organismes de formation professionnelle exonérés ne facturent pas de TVA en aval, et ne déduisent donc pas celle qu'ils supportent en amont.

Les associations à gestion désintéressée

Hors secteur lucratif, une association ne récupère rien. Sur des locaux ouverts au public et chauffés à l'électricité, la ligne pèse sur un budget déjà contraint.

Les entreprises en franchise en base

Micro-entrepreneurs et petites structures sous le seuil de franchise ne facturent pas la TVA et ne la déduisent pas davantage. Un artisan avec un atelier électrifié la supporte intégralement.

Où regarder plutôt

Les lignes de la facture qui ne se récupèrent jamais

Si votre entreprise déduit la TVA, la bonne nouvelle est que le poste dont tout le monde a parlé ne vous concerne pas. La mauvaise est que les postes dont personne ne parle, eux, sont définitivement à votre charge — et qu'ils représentent une part considérable de la facture.

L'accise sur l'électricité en est le premier exemple. Elle ne se déduit pas, mais elle peut être réduite : la grille des tarifs réduits, refondue en 2026, ouvre des paliers à partir d'un niveau d'électro-intensité de 0,5 %, un seuil bien plus accessible qu'on ne l'imagine. Le sujet est traité en détail sur notre page consacrée à l'accise sur l'électricité, et la procédure d'attestation et de récupération sur celle dédiée à la CSPE des professionnels.

Le deuxième est l'acheminement, dont la part la plus mal utilisée est la puissance souscrite. Une puissance surdimensionnée se paie tous les mois sans jamais servir, une puissance sous-dimensionnée déclenche des pénalités de dépassement : c'est l'objet de notre page sur l'optimisation de la puissance souscrite et de celle sur le TURPE.

Un ordre de priorité raisonnable ressemble donc à ceci : vérifier d'abord son éligibilité aux tarifs réduits d'accise, puis la puissance souscrite, puis le prix de l'énergie lui-même — et ne consacrer à la ligne TVA que le temps de vérifier qu'elle est bien déduite.

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